L’orgue d’août 2014

OMBRES ET LUMIÈRE
DE LA RENAISSANCE AU BAROQUE, DE L’ITALIE À L’ANGLETERRE
BRUXELLES – ÉGLISE N-D DE LA CHAPELLE – DU 17 AU 23 AOÛT 2013

 

Pour sa 17ème édition, le festival d’été de musique ancienne de l’église de la Chapelle, « l’Orgue d’Août », fait la part belle à la musique médiévale, sur le thème de l’ « Aurora Consurgens » (l’aurore naissante). Ce texte poétique du haut Moyen-Âge évoque les questions éternelles de notre humanité : la vie, l’amour et, surtout, l’espoir que nos contradictions existentielles se transforment en unité créatrice.

Mercredi 20 août 2014 – 20h00

L’Occident imaginaire

Ensemble Millenarium (F)

Christophe DESLIGNES, organetto

Thierry GOMAR, percussions

Jean-Lou DESCAMPS, vièle à archet

Steve HOUBEN, saxophone

À côté de l’Histoire officielle, il y a l’autre Histoire, celle des contes et légendes,
celle des Pygmalions, Jongleurs et Saltimbanques, celle de la tradition orale.
C’est cette Histoire-là que Millenarium a imaginée, et vous invite à écouter en
compagnie de Christophe Deslignes et son organetto sorti tout droit du Moyen-Âge,
Jean-Lou Descamps et sa vièle à archet, Thierry Gomar et ses subtiles percussions
et Steve Houben, saxophoniste et jazzman, en tant qu’artiste invité. Une histoire
imaginaire, sans paroles, faite de sons, d’émotions, de rythmes et de mystères.

Samedi 23 août 2014 – 20h00

Plain-chant de la Renaissance et orgue

Ensemble Psallentes (B), voix de femmes

Hendrik VANDEN ABEELE, Direction

Arnaud VAN DE CAUTER, Orgue

Aux côtés d’oeuvres en l’honneur de la Vierge, l’ensemble Psallentes,
voix de femmes, dir. Hendrik Vanden Abeele, propose de découvrir un
manuscrit du XVe siècle dédié à Ste Walburge. La plupart de ces oeuvres
seront interprétées dans une version où le chant grégorien et l’orgue
alternent, selon la tradition des XVe et XVI s.
Avec des oeuvres pour orgue d’Arnolt Schlick (ca. 1460 – ca. 1521),
Jehan Titelouze
(1563 – 1633) et Peeter Cornet (ca 1570 – 1633).

Mercredi 27 août 2014 – 20h00

Du Moyen-Âge au XXIe siècle,
sur les traces de Hildegard von Bingen

Ensemble La Noeva (B)

avec Fabien MOULAERT, Orgue

Abbesse visionnaire, mystique, guérisseuse et musicienne, Hildegard von
Bingen (XIIe siècle) continue d’émouvoir aujourd’hui. Inspirées par cette
figure féminine dotée d’une sensibilité exceptionnelle, les six chanteuses de
La Noeva vous proposent un programme a capella autour d’œuvres issues du
fameux manuscrit conservé à Dendermonde (Flandre Orientale, Belgique).
Le chant de Hildegard laisse entrevoir un monde où l’homme est en harmonie
avec Dieu, avec la nature et avec lui-même. Nombre de ses textes évoquent
une nature sensuelle pour décrire la vie spirituelle et célèbrent la beauté et
l’union des êtres, sans pudeur, en tant que symbole fort de l’amour divin.
Guidé par cette thématique du « Cantique des Cantiques », l’ensemble vocal
explorera la métaphore végétale qui préside au répons Stirps Jesse (la
souche de Jessé), une monodie composée par Fulbert de Chartres au XIe siècle.
Cette monodie est abondamment reprise comme teneur dans les premières
polyphonies, dans les organa de l’École de Notre-Dame de Paris et dans les
motets du XIIIe siècle,fusionnant parfois en formes hybrides, les registres
profane et sacré.
Le concert interrogera aussi l’héritage de l’abbesse, à travers l’écho que lui
donneront le compositeur suisse Klaus Huber (né en 1924) et l’organiste
Fabien Moulaert, avec un programme reprenant quelques-unes des toutes
premières pièces pour orgue en Germanie (XVe et XVIe siècles) et une
improvisation autour de la célèbre antienne Caritas abundat in omnia
(« L’amour inonde toute chose »).

Samedi 30 août 2014 – 20h00

Chant mozarabe et orgue alterné
Gloses de Antonio de Cabezon (1510-1566)

Ensemble Organum (F)

Marcel PERES, Direction et Orgue

Liturgie de la messe mozarabe

L’objectif de ce programme est de juxtaposer le canto mixto du début
du XVIe siècle – ici le chant mozarabe de Tolède – avec l’art de la glose
tel qu’il nous est parvenu dans les œuvres pour clavier de la même époque.
Ce chant mozarabe est connu par trois manuscrits écrits à la fin du XVe
siècle sur ordre du cardinal Cisneros. Il nous montre l’état de la tradition
à cette époque. Certains chants, comme ceux des célébrants, expriment
encore les accents des liturgies nord-africaines et hispaniques des premiers
siècles. D’autres sont bien enracinés dans les pratiques de scansion du
plain chant développées depuis le XIIIe siècle, appelé en Espagne le canto
mixto. Le choix des œuvres glosées par Antonio de Cabezon montre la forte
influence des compositeurs franco-flamands dans la péninsule ibérique :
Pierrre Sandrin, Josquin des Prez, Jean Richafort, Clemens non Papa.
L’orgue intervient à certains moments du déroulement de la messe
mozarabe : à l’entrée des célébrants, pour commenter le Gloria, à
l’offertoire, au sanctus, à la communion et à la procession de sortie des
célébrants.